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Il n’y a pas de terroristes au Pakistan

Il n’y a pas de terroristes au Pakistan

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Il y a vingt ans, le philosophe, sociologue et politologue français Jean Baudrillard signait un essai intitulé « La guerre du Golfe n’a pas eu lieu ». Publié en partie dans Libération et le Guardian (Royaume-Uni) le texte, qui soutient que le conflit dans le Golfe est une guerre virtuelle et essentiellement fictive, a soulevé l’opinion de gens tels que Christopher Norris, qui a fustigé Baudrillard, et d’autres intellectuels postmodernes dont certains ont même qualifié Baudrillard de « théoricien du terrorisme ». Baudrillard ne niait toutefois pas les pertes de vies humaines ni le fait que plus d’explosifs aient été largués en deux mois de guerre du Golfe que pendant toutes les attaques aériennes de la Deuxième Guerre mondiale réunies. Son argument principal était celui de l’interprétation et de la présentation des faits à travers l’objectif des médias. Il se préoccupait surtout de savoir si l’événement pouvait être qualifié de « guerre ».

 

Pour Baudrillard, le bombardement aérien massif des infrastructures civiles et militaires en Iraq constituait une guerre dépouillée de passion et de violence. Expurgée de toutes les images abominables et « dénudée par ses techniciens », elle a été revêtue d’une « seconde peau » par « l’artifice de l’électronique ». Selon lui, ce conflit était gagné d’avance et bien que la « guerre » fût présentée au public entièrement par les médias, cela ne prouvait pas réellement son existence : « la retransmission en direct par CNN d’informations en temps réel ne suffit pas à authentifier une guerre ». Son argument consistait à dire que la guerre du Golfe « telle qu’on nous a poussés à la comprendre » n’a pas eu lieu.

 

Vingt ans plus tard, à la différence du vernis jeté sur la guerre du Golfe, ce sont les horreurs graphiques de la guerre qui semblent attirer notre société moderne. En 2009, l’artiste Jeremy Deller a récupéré les débris d’un véhicule bombardé à Bagdad pour leur faire faire le tour de l’Amérique. Comme l’écrit le Guardian, il a nous a mis la violence de l’Iraq « sous le nez ». Pendant l’invasion du pays en 2003, nous avons reçu nos informations de blogueurs tels que Salam Pax qui a diffusé pour nous le traumatisme en temps réel de la vie à Bagdad, et aujourd’hui, le petit écran nous abreuve de peur, de danger et de la proximité de la guerre par le biais de journalistes assoiffés de conflits sur le terrain.

 

Aujourd’hui, Internet nous apporte autant de sang et de tripes des points chauds du globe que nous pouvons en digérer. Nous entendons parler de la mort d’Oussama Ben Laden au Pakistan, mais nous voulons des images, nous voulons sa dépouille mortelle, aussi horrible que cela soit. Nous voulons sa tête. Et cela seulement rendra sa mort réelle. Même une violence inaccessible, telle que celle qui a sévi au nord du Sri Lanka en 2006, voilée aux yeux des médias et des organisations internationales, a été capturée par les caméras des téléphones  portables et diffusée sur YouTube. À la différence de Ben Laden, la tête défoncée du leader tamoul Prabhakaran était sur tous les écrans quelques heures seulement après sa mort et, maintenant, les horreurs du sang versé des civils tamouls se glissent dans nos pages.

 

La sensation de guerre et de violence semble toujours attirer le spectateur des informations. En contraste à la guerre du Golfe assainie décrite par Baudrillard, c’est d’une autre guerre dont nous témoignons, attisée par la concurrence qui fait rage entre Internet et la télévision, une compétition pour qui creusera au plus profond d’une infâme souffrance. Les enfants affamés ne nous émeuvent plus. Les caméras du monde restent fixées sur la tête bandée d’un bébé après une attaque au mortier, un enfant démembré, les larmes d’une veuve désespérée. Et pourtant, notre goût européen de l’horreur n’est rien comparé à celui de l’Asie. Il y a dix ans, la presse du Sri Lanka diffusait en première page la photo de la tête tranchée de l’auteur d’un attentat-suicide (avec le titre « connaissez-vous cet homme ? ») et une visite récente au Pakistan a révélé que, dans cette nation exaspérée d’être constamment associée au terrorisme, les journaux transmettent un flux ininterrompu de bombes, meurtres et révoltes.

 

Lors de mon dernier voyage au Pakistan, je me suis rendue à Karachi. Pour préparer cette visite, mes recherches sur Internet m’ont révélé les corps calcinés de victimes d’explosions, des assassinats dans tous leurs détails et les nouvelles de furieux incendiaires. Même les gens éduqués m’ont dit que je risquais d’être décapitée, kidnappée et, à cause de l’intérêt que je porte à l’Islam et au Pakistan, j’ai reçu des courriers chargés de haine de gens qui m’ont dit que je serais violée et assassinée (parce que c’est ce qu’ils font aux chrétiens, là-bas). On ne pourrait avoir confiance en personne.

 

À ma grande surprise, la ville pakistanaise que j’ai découverte déborde de générosité et d’attention, d’innombrables tasses de thé et de mets de toutes sortes. Les centres commerciaux ont des cafés italiens, des McDonald et des boutiques Next. Les gens vont au travail, les enfants vont à l’école, qui n’est pas forcément une madrassa militante radicale, les étudiants bavardent gaiement et vont à leurs cours à l’université, les policiers en uniforme impeccable se chargent efficacement de la circulation, les hommes d’affaires sont éloquents et de jeunes femmes me confient que « Karachi est un endroit fantastique pour les femmes, actuellement ». Et je ne mentionne pas les kilomètres de sable doré qui bordent l’océan Indien, avec leurs enfants qui jouent au football, les familles qui se baignent et qui sourient, les gens qui me saluent amicalement de la main dès que je sors mon appareil photo. Même dans le quartier de Saddar, endroit dont on m’avait dit que je ne ressortirais pas vivante, j’ai rencontré beaucoup de gens bien loin de s’entretuer, bien loin d’être violents. La plupart vivaient des journées ordinaires, derrière les étals de fruits, balayant les rues, conduisant des autobus. J’ai même rencontré un travesti costaud dans un sari rouge vif, qui m’a dit avec esprit : « vous avez sûrement des gens comme moi, dans votre pays ! ». Le Pakistan est devenu l’un des premiers pays du monde à reconnaître officiellement un troisième sexe. J’ai visité une élégante église catholique. J’ai l’impression qu’on n’entend pas vraiment parler des églises au Pakistan, à moins d’un attentat à la bombe.

 

Comme Baudrillard, je ne nie pas les faits. Je ne prétends pas que le Pakistan soit un pays sans sa part de problèmes, ni que Karachi ne soit pas le siège d’actes de violence extrême, ou qu’elle n’abrite pas certains terroristes célèbres. Je ne prétends pas non plus que des explosifs ne soient pas chargés dans des véhicules ou attachés au corps de malades mentaux avant de détonner. Ni que des gens aient perdu la vie. Mais la réalité de cette ville particulière et de ses 18 millions d’habitants est très complexe et peut-être impossible à présenter sous une facette unique dans les médias. Selon ces derniers, l’impression dominante nourrie par la découverte de Ben Laden est que le Pakistan est un foyer du mal, et les cyniques pourraient arguer que cette perception est tout aussi manipulée ou, au mieux, forcée, que ne l’étaient les reportages des médias lors de la guerre du Golfe.

 

Baudrillard n’était pas fasciné par l’événement qu’était la guerre ni la vérité de la guerre en soi, mais par la notion de réalité et l’érosion de cette réalité par la technologie et les médias. Le point de vue selon lequel le Pakistan est « plein de terroristes » est fabriqué spécialement pour nos esprits avides de sang et d’histoires unidimensionnelles : nous sommes de simples consommateurs de médias, accros de la distraction que procurent les catastrophes. Le philosophe français affirmait que l’être humain est naturellement attiré par une version simulée de la réalité, mais sommes-nous allés trop loin ? Peut-être cet appétit négatif est-il nourri par les envoyés spéciaux débordants d’adrénaline qui filent les « chasseurs d’ambulances » de Karachi ces jours-ci. Au risque de me faire moi-même taxer de théoricienne du terrorisme, la semaine de la découverte de Ben Laden au Pakistan semble le moment opportun pour affirmer : « Il n’y a pas de terroristes au Pakistan ».

 

FIN

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Karachi Diary part 3 – words and pictures

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So some further glimpses of Karachi moments, from this, the 10th biggest city in the world (thanks Faraz).

From the images you will see a bunch of gregarious Hindu women road sweepers (with the names of their husbands tattooed on their arms); a boy band (look carefully for McFly….or is that Busted?); A transvestite “surely they have people like me in London”; a beautiful Karachi sunset over the Indian Ocean; a food.  more food.  and yet more food.  Hospitality madness – we are drowning in generosity of spirit here.  Imagine.  Karachi.

Karachi photo diary

As promised, just photos today.  Direct from my camera – no edits – live from Karachi.

Karachi Diary

Sometimes I am so hell-bent on my own agenda that I completely miss the things that surround me.

We arrived in Karachi less than12 hours ago and went straight into organisation mode.  Phone calls, meetings to set up, rushed smiles and Salams.  Wrapped in head-scarves, my film-making travelling companion and I dashed an hour across town and we found ourselves talking to Fine Art and Film students at Karachi University before I realised I hadn’t had a nights sleep.  My urgency seemed to take them by surprise.  Although the Karachi streets are a busy throng, there is still something calmer, and more laid back that my own rush-hour approach.  Friendships nurtured.  Something a tutor said to me last week clicked into place.  Why don’t I slow down, take things in a little, reflect and allow things to wash over me.  Obsessed with “doing” I can become blinkered and entirely miss the point or what it means to be an artist (to look).

So yes, I will still quietly seek the matching participants for my Cambridge Karachi Portrait – but if  I don’t find them, I can be assured that I have already met a number of remarkable people – who might not “fit the mould” but have just as much to say in a gesture.  Some initial reflections:

The airport: Big family welcomes and laughter.  Gifts of flowers, garlands, petals on the floor.  An old man delighted with a reunion.

Taking a photo of Ameena’s henna’d hands

A pretty shy girl shows me pieces for her final year art show.  Spikes on a baby’s bottle, lipstick and cigarettes.

That film-star look, with native American tattoos amidst a sea of chattering students.

Just glimpses.

So even if the plan seems utterly enthralling, perhaps a more genuine and gentle means of engaging with the world around me needs to happen.  Ironic perhaps that unravelling the agenda hell-bent-ness of the media is a preoccupation.

Tomorrow photos, only photos.

 

Everest Base Camp Off! Karachi visit On!

As you may have seen from my Twitter and Facebook updates, an ankle injury has sadly put an end to my Everest Base Camp Trek (the timescale was pretty tough anyway).  I am a bit fed up and shouty at the moment – but without getting too Bob Geldoff about it, I would encourage  everyone to continue to support the good work of DIL.org – in educating women in Pakistan.

In the meantime, my film schedule is about to begin….and I have my flights booked for the commercial capital of Pakistan.  Karachi here I come!  (Well, limp).

Blisters for Pakistan

I toyed with the idea of filming or photographing my poor mangled feet to share here, but figured a far more attractive sight was the five of us, who have accepted the Everest Base Camp challenge for DIL.  We met for the first time on Sunday for our first ever trek together.

Wonderfully, I have been given free gym access , a fitness test and a personal training programme by the Students Union (at Anglia Ruskin University).  It has been suggested that I have the muscle and lung capacity of an Ox (albeit a slightly overweight Ox!) and that my Nepalese adventure is perfectly doable. In theory.

I have even done a complete u-turn on my previous staunch opposition to gyms and gym-goers and put in a good few hours thumping the treadmill and pumping iron to the iPoded sounds of Missie Elliot and even a bit of James Brown (I Feel Good).  But Sunday’s organised walk was my first since a Geography field trip nearly 30 years ago and I wasn’t really prepared.

The main problem, as the title of this post suggests, was that I had the wrong shoes.  Every one of my new companions had proper walking boots.  I have been waiting for someone to “sponsor” my boots (despite having asked exactly no-one to do so) and had to scramble around at the last minute looking for something appropriate.  I settled on my desert boots, which had last seen proper action in Iraq in 2006.  I borrowed some of my husbands socks.

After several hours (and ten miles) of walking at a good pace around a millionaires housing estate in Surrey (bizarre I know) – I realised that the company was so good (I did perhaps too much excited talking) and peaking at the luxurious mansions so unexpectedly intriguing, that I had neglected to consider how my poor feet were feeling.

The answer was they were feeling sore and full of water-filled blisters the size of fifty pence pieces.  And as I hobbled into a lecture at University this morning I could see that familiar “she may have bitten off more than she can chew” expression on my colleagues faces.  We watched some funny films in class about a performance artist who stuck a dead badger on his head and carried out Shamanistic rituals.  I wondered whether my whole Everest adventure (including the build up) was just one big performance.  I dunno – are blisters art?  Human, friction-based sculpture?

To sponsor me visit my Just Giving page

To buy me boots contact me directly

 

 

Too Old and Unfit for Everest?

I like a challenge.  But not one without meaning.

When DIL asked if I would be part of a small group of trekkers headed for Everest Base Camp in April this year I didn’t hesitate to say yes.  Not because it sounded exhilarating – but because I believe in the work DIL does in Pakistan.  The people of Pakistan have suffered horrendous natural disasters and been caught up in conflict for far too long.  DIL are admirably pouring in support from the diaspora and international communities.

DIL’s website is here: http://www.dil.org/

This short video explains why Books not Bombs are the best weapon in defeating the Taliban: http://www.youtube.com/watch?v=r-W54H0MU2U

The months running up to the trek promise to be as challenging as the expedition itself – those who know me will know I am not the fittest nor youngest of explorers.  Experiences before, during and after will be recorded here.

Today I dropped into Blacks in Cambridge and asked them if they would be able to provide any of my equipment (I have been sent a list which I am yet to glance at).  I have the number of the Head Office, provided by a reasonably enthusiastic manager – so we will see how that turns out.  Meanwhile I really need to find out a bit more about what will be expected from me.  Any comments and advice from previous trekkers very welcome.  Perfectly happy for you to be entertained at my expense over the coming months.  I need to move from fat to fit ’tis true.

If you have other things to offer, like some good boots, media support for DIL or just some Kendal Mint Cake, let me know.  Alternatively if you would like to offer cold hard cash head for my Justgiving page at http://www.justgiving.com/Caroline-Jaine

Those who know me even better will know that I plan to turn this into a creative experience – more of this on http://jaine.info/everest.aspx